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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/309

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amis ; ne vous mêlez pas de choses semblables, et éloignez de votre esprit tout projet romanesque pour d’autres et, au besoin, pour vous-même.

— Vous avez raison, mère, je ne le ferai plus ; mais je déteste voir les choses aller de travers quand un petit coup par-ci et par-là les arrangerait si bien. Je voudrais qu’on puisse porter des plaques de fer sur sa tête pour s’empêcher de grandir ; mais les boutons veulent devenir des roses et les poussins des poulets.

— Qu’est-ce que vous dites de plaques de fer et de poulets ? demanda Meg en entrant dans la chambre, sa lettre finie à la main.

— Je ne le sais seulement plus, répondit Jo. Venez, Meggy, je vais me coucher.

— C’est très bien et parfaitement écrit. Voulez-vous ajouter que j’envoie mes amitiés à M. Brooke, à John, dit Mme Marsch en jetant un coup d’œil sur la lettre de Meg et la lui rendant.

— L’appelez-vous John ? demanda Meg en souriant et regardant innocemment sa mère.

— Oui ; il a été pour nous comme un fils, et nous l’aimons beaucoup, dit Mme Marsch, en lui jetant sans affectation un coup d’œil scrutateur.

— J’en suis contente ; il est si seul au monde ! Cela doit lui être doux. Bonsoir, chère mère ; il m’est impossible de vous dire combien c’est fortifiant de vous sentir ici, » répondit tranquillement Meg.

Le baiser que sa mère lui donna était très tendre et, quand elle s’en alla, Mme Marsch dit avec un mélange de satisfaction et de regret :

« Meg n’aime pas encore John, mais qui sait si elle n’apprendra pas bientôt à l’aimer ? »