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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/301

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blait impressionné, et il lui dit : « Dieu vous bénisse ! » de son ton le plus affable.

Amy serait très volontiers sortie pour jouir du beau temps d’hiver ; mais, devinant que Laurie mourait de sommeil malgré les efforts héroïques qu’il faisait pour le cacher, elle l’engagea à se reposer sur le sofa, pendant qu’elle allait écrire à sa mère. Elle resta longtemps, et, quand elle revint, elle trouva son jeune ami dormant encore d’un sommeil réparateur. Tante Marsch avait eu un accès extraordinaire d’amabilité : elle avait baissé les rideaux afin de mieux le laisser reposer.

Au bout de quelque temps, elles commencèrent à penser que Laurie dormirait jusqu’au soir, et je ne suis pas bien sûr que cela ne fût pas arrivé s’il n’eût été réveillé par un cri de joie qu’Amy poussa en voyant entrer sa mère. Il y avait probablement au monde beaucoup de petites filles heureuses ce jour-là ; mais mon opinion particulière est qu’Amy était la plus heureuse de toutes, lorsque, assise sur les genoux de sa mère, elle raconta ses peines et reçut des consolations et des compensations sous forme de sourires et de caresses. Elle conduisit sa mère dans sa petite retraite, et lui expliqua son but en lui demandant si elle n’avait pas d’objections à y faire.

« Au contraire ; j’aime beaucoup votre idée, chérie, dit Mme Marsch en examinant le petit livre de prières à la couverture usée et le beau tableau entouré d’une guirlande de houx. C’est une excellente idée que d’avoir un endroit dans lequel on peut se réfugier lorsqu’on est affligé. Il y a bien des moments difficiles dans la vie, mais nous pouvons toujours les rendre supportables si nous cherchons de l’aide du bon côté. Je pense que ma petite Amy commence à l’apprendre.

— Oui, mère, et j’ai l’ambition, lorsque je revien-