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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/290

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trouvait le plus de plaisir était une grande armoire chinoise pleine de cachettes bizarres, dans lesquelles étaient toutes sortes de choses, les unes précieuses, d’autres simplement curieuses, et toutes plus ou moins antiques. Amy s’amusait beaucoup à arranger et à examiner tous ces objets, et spécialement les écrins à bijoux, dans lesquels reposaient, sur des coussins de velours, les parures qui avaient fait la gloire de sa tante quarante ans auparavant. Il y avait la parure de grenats dont la tante Marsch s’était parée le jour de son entrée dans le monde ; les perles qu’elle avait reçues de son père la veille de son mariage ; les diamants, cadeau de son fiancé ; des bagues et des broches de deuil ; de petits cadres renfermant le portrait d’amis morts, entourés de saules pleureurs en cheveux ; les petits bracelets que portait sa fille unique, morte il y avait bien longtemps ; la grosse montre d’oncle Marsch et le gros cachet rouge accroché à la chaîne, avec lequel des mains d’enfant avaient si souvent joué ; puis, dans une boîte d’agate, reposait toute seule la bague d’alliance de tante Marsch, trop petite maintenant pour son gros doigt, mais mise soigneusement de côté, comme le plus précieux de tous ses bijoux.

« Qu’est-ce que mademoiselle prendrait si on lui donnait la permission de choisir ? demanda un jour Esther qui restait toujours à côté d’Amy, afin de fermer le meuble à clef, lorsque la petite fille aurait fini.

— J’aime mieux les diamants que toute autre chose, mais il n’y a pas de collier, et j’aime tant les colliers, cela va si bien ! Je préférerais ceci, si je pouvais choisir, répondit Amy en regardant avec admiration un grand chapelet en or et en nacre.