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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/284

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fièvre est passée, elle dort naturellement, sa peau est moite et elle respire facilement. Dieu soit loué ! la pauvre dame peut arriver. »

Et elle s’assit par terre en pleurant.

Avant que Meg et Jo eussent pu croire tout à fait à cette heureuse nouvelle, le docteur vint la confirmer. Les deux jeunes filles trouvèrent sa figure céleste lorsqu’il leur dit en souriant d’un air paternel :

« Oui, mes chères enfants, je crois que la petite fille est sauvée. Tenez la maison tranquille, laissez-la dormir, et, quand elle s’éveillera, donnez-lui… »

Ce qu’elles devaient lui donner, ni l’une ni l’autre ne l’entendit. Toutes deux se glissèrent dans le corridor, et, s’asseyant sur l’escalier, se tinrent étroitement embrassées, sans parler, car leurs cœurs étaient trop pleins. Lorsqu’elles revinrent dans la chambre, après s’être soulagées par quelques larmes de bonheur, la fidèle Hannah les embrassa, les dorlota et leur montra Beth couchée, selon son ancienne habitude, avec sa tête sur sa main ; la terrible pâleur avait disparu, et elle respirait tranquillement comme si elle venait seulement de s’endormir.

« Si mère pouvait arriver maintenant ! dit Jo lorsque la nuit d’hiver commença à s’éclaircir. Quel retard ! qu’est-il arrivé ?

— La neige retarde toujours les trains, dit Hannah.

— Voyez, Jo, dit Meg en apportant une jolie rose blanche à moitié ouverte. Je pensais hier qu’elle serait à peine assez éclose pour la mettre dans la main de Beth, si elle… nous avait été enlevée ; mais elle a fleuri dans la nuit, et maintenant, je vais la mettre dans mon petit vase, afin que, lorsque la petite chérie s’éveillera, la première chose qu’elle voie soit la petite rose et la figure de maman. »