Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/266

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ne bougeait pas. J’ai enfin compris qu’il était mort.

— Ne pleurez pas, chérie. Qu’avez-vous fait ?

— Je me suis assise et je l’ai tenu sur mes genoux jusqu’à ce que Mme Hummel revînt avec un médecin.

Le docteur dit que le bébé ne vivait plus ; il regarda Heinrich et Minna, qui avaient mal à la gorge. « C’est la fièvre scarlatine, » dit-il d’un air mécontent, « vous auriez dû m’appeler plus tôt. » Mme Hummel lui dit qu’elle était pauvre et qu’elle avait essayé de soigner elle-même le bébé, mais que, maintenant, il était trop tard pour lui et qu’elle pouvait seulement lui demander de soigner les deux autres et d’en demander le payement au bon Dieu. Il sourit alors et fut meilleur, mais c’était désolant, Jo ! et je pleurai avec eux. Le docteur alors fixa ses yeux sur moi ; il m’examina et me dit de retourner vite chez nous et de prendre immédiatement de la belladone, sans quoi j’attraperais la fièvre scarlatine.

— Non, vous ne l’aurez pas ! s’écria Jo, en la serrant dans ses bras d’un air effrayé. Oh ! Beth ! si vous l’aviez, je ne pourrais jamais me le pardonner. Qu’allons-nous faire ?

— N’ayez pas peur, je suis sûre que je ne l’aurai pas très forte. J’ai regardé dans le livre de mère, et j’ai vu que cela commençait par des maux de tête et de gorge et des sentiments bizarres comme les miens ; ainsi j’ai pris de la belladone et je suis mieux, dit Beth, en appuyant ses mains glacées sur son front brûlant, et essayant de paraître calme.

— Si mère était seulement ici ! » soupira Jo en saisissant le livre.

Elle sentit mieux encore alors quelle distance les séparait de Washington, combien était cruel cet éloignement de la mère. Elle lut une page, regarda Beth,