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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/265

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se passa ; Amy n’était pas revenue, Meg était allée dans sa chambre essayer une robe neuve, Jo était absorbée dans un livre, et Hannah était profondément endormie devant le feu de la cuisine.

Beth mit tranquillement son capuchon, remplit son panier de toutes sortes de choses pour les enfants, et s’en alla à l’air frais avec la tête lourde et un regard de douleur dans ses yeux patients. Il était tard quand elle revint, et personne ne la vit monter dans la chambre de sa mère. Jo, y allant, trouva Beth assise dans un fauteuil avec un flacon de camphre dans sa main, paraissant très grave et ayant des yeux très rouges.

« Qu’est-ce qu’il y a ? s’écria Jo, en voyant Beth étendre les mains, comme si elle ne voulait pas que sa sœur approchât d’elle.

— Vous avez eu la fièvre scarlatine, n’est-ce pas, Jo ?

— Il y a longtemps ; en même temps que Meg. Pourquoi ?

— Alors je vais vous dire. Oh ! Jo, le bébé est mort.

— Quel bébé ?

— Celui de Mme Hummel. Il est mort sur mes genoux, avant que sa mère revienne, s’écria Beth en sanglotant.

— Ma pauvre chérie, que cela a dû être terrible pour vous ! Ah ! j’aurais dû aller moi-même, dit Jo, pleine de remords, en s’asseyant dans le grand fauteuil et prenant sa sœur sur ses genoux.

— Ce n’était pas terrible, Jo ; c’était seulement si triste ! J’ai vu tout de suite qu’il était plus malade ; mais Lottchen a dit que sa mère était allée chercher le médecin, et j’ai pris le bébé afin de laisser reposer sa sœur. Il paraissait endormi ; mais, tout à coup, il a poussé un petit cri, tout son petit corps a tremblé, et puis il est resté immobile. J’ai alors essayé de lui réchauffer les pieds, et Lotty lui a donné du lait, mais il