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réellement beaucoup, et l’on peut se fier à elle. Elle fait les comptes d’une manière étonnante. Nous sommes devenues très économes ; je leur sers du café une fois par semaine, selon ce que vous m’avez dit, et je leur donne une nourriture très bonne, mais très simple. Amy est bien, mais elle met ses plus belles robes « à tous les jours » et mange des sucreries tant qu’elle peut. M. Laurie fait autant de bêtises que d’habitude, mais c’est un bon garçon, il les égaye. M. Laurentz envoie des masses de choses et est même assez fatigant, mais il a l’intention de bien faire, et ce n’est pas à moi à dire quelque chose. J’envoie mes respects à M. Marsch et j’espère qu’il reviendra bientôt.

« Votre servante respectueuse,
« Hannah Muller. »
« Madame et maman,

« Tout est bien à la maison ; les troupes sont en bon état. Vos filles sont des anges quelquefois. Je me permets, quand je les vois s’attrister de votre absence, d’essayer de les faire rire ; j’y réussis souvent, mais pas toujours. Jo, seule, pourrait se passer de moi dans cet emploi quand il s’agit des autres ; mais, au fond, elle a un effort à faire pour retrouver sa gaieté naturelle. Il me semble que ses cheveux repoussent, et grand-père, le commandant en chef, général Laurentz, passe tous les jours votre armée en revue. Hannah me gronde quelquefois. En somme, j’ose dire que, si vous étiez là, vous ne seriez pas trop mécontente de l’ensemble des choses. Rappelez-moi à M. Brooke.

« Votre fidèle jeune ami,
« Laurie. »