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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/254

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« Ma très chère mère,

« Il est impossible de vous dire combien votre dernière lettre nous a rendues heureuses. Les nouvelles étaient si bonnes que nous n’avons pas pu nous empêcher d’en rire et d’en pleurer. Que M. Brooke est donc bon, et qu’il est heureux que les affaires de M. Laurentz le retiennent si longtemps près de vous, puisqu’il vous est si utile ainsi qu’à père. Mes sœurs sont toutes, aussi bonnes que de l’or. Jo m’aide à coudre et insiste pour faire toutes sortes d’ouvrages difficiles ; je craindrais qu’elle ne se fît du mal si je ne savais pas que son « accès moral » ne durera que ce qu’il pourra durer. Beth est aussi régulière qu’une horloge pour ses devoirs, et n’oublie jamais ce que vous lui avez dit. Elle a beaucoup de chagrin de voir père encore malade, et elle a l’air très grave, excepté quand elle est à son piano. Amy fait très bien tout ce que je lui dis, et je prends grand soin d’elle. Elle se coiffe elle-même et je lui apprends à faire des boutonnières et à raccommoder ses bas ; elle fait tous ses efforts pour réussir, et je suis sûre que vous serez satisfaite de ses progrès quand vous reviendrez.

« M. Laurentz veille sur nous comme une maman poule sur ses poussins, c’est le mot de Jo, et Laurie est très bon et très gentil. Quand il a vu Jo avec sa tête de garçon, qu’il n’avait pas remarquée le jour de votre départ, il a été si saisi que, si Jo ne lui avait pas ri au nez, je crois qu’on n’aurait pas pu le consoler. Quand il a su l’histoire, cela a été pis, mais dans un tout autre sens. Ah ! mère, rien n’a pu le retenir, il a pris la tête de Jo entre ses mains et l’a embrassée si vivement que Jo s’en est montrée furieuse. « Battez-moi,