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que vous le pourrez ; soyez docile ; je veux vous retrouver toutes meilleures encore que vous n’êtes.

— Oui, mère, nous vous le promettons. »

La voiture s’arrêta à la porte ; c’était l’instant difficile, mais les jeunes filles surent se contenir ; pas une ne pleura, pas une ne courut après sa mère, ni ne se lamenta, quoiqu’elles eussent le cœur bien gros, en envoyant à leur père des messages d’amour, qui arriveraient peut-être trop tard pour qu’il les reçût. Elles embrassèrent leur mère avec une sorte de calme, l’entourèrent tendrement jusqu’au dernier moment, et essayèrent d’agiter leurs mouchoirs lorsque la voiture se mit en route. Laurie et son grand-père étaient venus dire adieu à Mme Marsch. D’autre part, M. Brooke paraissait si fort et si bon que les jeunes filles sentirent qu’elles pouvaient se reposer sur lui des soins dont pourrait avoir besoin leur mère.

« Adieu, mes chéries, Dieu vous bénisse et vous garde toutes, » dit Mme Marsch en embrassant l’un après l’autre, une dernière fois, les chers visages de ses enfants. Puis elle se jeta dans la voiture.

Comme elle s’éloignait, le soleil se leva, et, en se retournant pour regarder encore ses enfants, elle le vit briller sur le groupe assemblé à la porte, comme un meilleur présage. Ses filles lui adressèrent encore un sourire en agitant leurs mouchoirs. La dernière chose qu’aperçut Mme Marsch fut leurs quatre gracieuses figures, et derrière elles, comme un corps de réserve, le vieux M. Laurentz, la fidèle Hannah et le dévoué Laurie.

« Comme tout le monde est bon pour nous ! dit-elle en se retournant et voyant une nouvelle preuve de ce qu’elle disait dans la figure sympathique de son jeune compagnon.