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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/247

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— Pensez à quelque chose d’agréable, et vous vous endormirez bientôt.

— J’ai essayé, mais j’ai été encore plus éveillée qu’avant.

— À quoi pensiez-vous ?

— Je pensais, dit Meg en baissant la voix, que M. Laurentz était bien bon d’envoyer un homme aussi parfait que M. Brooke en Amérique avec maman en ce moment. »

Jo se mit à rire, et Meg lui ordonna d’un ton bref de se taire ; puis elle lui promit de faire boucler ses cheveux, et s’endormit bientôt en rêvant à son château en Espagne.

Minuit venait de sonner et les chambres étaient silencieuses, quand Mme Marsch se glissa doucement d’un lit à l’autre, relevant une couverture ici, arrangeant un oreiller là, s’arrêtant pour regarder longuement et tendrement la figure de chacune de ses enfants, les bénissant l’une et l’autre du fond de son cœur et adressant à Dieu une de ces prières dont les mères seules ont le secret. Comme elle levait le rideau pour sonder du regard la nuit terrible, la lune sortit subitement de derrière les nuages et brilla sur elle comme pour lui dire : « Ne te désespère pas ; il y a toujours du soleil derrière les nuages. »