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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/238

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— Ici, madame. Oh ! laissez-moi faire quelque chose pour vous ! » s’écria le brave garçon en rentrant dans la chambre.

Il s’était retiré dans la pièce à côté en se disant que leur douleur était trop sacrée pour que des yeux étrangers, même les siens, eussent le droit, dès le premier moment, de la partager.

« Répondez par un télégramme à M. Hale, à Washington, que je partirai demain matin par le premier train.

— Les chevaux sont attelés, répondit Laurie, je puis aller partout, faire tout promptement. »

Laurie aurait voulu pouvoir voler au bout du monde.

« Il faudra porter un billet chez tante Marsch, Jo. Donnez-moi cette plume et du papier. »

Jo déchira le côté blanc de l’une de ses pages nouvellement copiées, elle approcha la table de sa mère ; elle devina la dure nécessité où était Mme Marsch d’emprunter de l’argent à sa tante pour subvenir aux dépenses inattendues de ce long voyage.

« Mais, moi, que ferai-je donc ? se disait-elle. Ou plutôt que ne ferais-je pas afin de pouvoir ajouter quelque chose à la somme nécessaire pour ces terribles dépenses ?

« Maintenant, cher Laurie, dit Mme Marsch, allez au télégraphe, mais ne surmenez pas votre cheval. »

L’avertissement de Mme Marsch était jeté au vent, car, cinq minutes après, Laurie passait comme une flèche sur un cheval fringant.

« Jo, vous irez dire à Mme Kings de ne plus compter sur moi. En même temps, vous achèterez les médicaments dont je vous donne la liste ici ; les pharmacies des hôpitaux, dans ces temps de guerre, ne sont pas toujours bien montées. Beth, vous irez demander à