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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/236

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à l’extérieur. Venez, Jo. Vous et Beth viendrez, n’est-ce pas ?

— Naturellement, oui.

— Pour moi, je vous remercie, mais je suis occupée, » dit Meg en ouvrant son panier à ouvrage.

— Jo, Beth et moi, nous serons prêtes dans une minute, s’écria Amy en courant se laver les mains.

— Puis-je faire quelque chose pour vous, madame maman ? demanda Laurie en se penchant sur le fauteuil de Mme Marsch, avec le regard et le ton affectueux qu’il avait toujours avec elle.

— Non, merci ; cependant vous me feriez bien plaisir d’aller demander à la poste s’il n’y a rien pour nous. C’est notre jour d’avoir une lettre, et le facteur est déjà venu. Mon mari est pourtant aussi régulier que le soleil, mais il y a peut-être eu quelque retard en route. »

Un violent coup de sonnette l’interrompit, et, une minute après, Hannah entra avec un papier à la main.

« C’est une de ces terribles choses du télégraphe, madame, » dit-elle en lui tendant le papier, comme si elle eût eu peur qu’il fît explosion.

Au mot « télégraphe », Mme Marsch arracha la dépêche des mains de Hannah, lut les deux lignes qu’elle contenait et retomba dans son fauteuil, aussi blanche que si le petit papier lui eût envoyé un boulet au cœur.

Laurie se précipita en bas pour aller chercher de l’eau ; Meg et Hannah la soutinrent, et Jo lut tout haut, d’une voix effrayée, le télégramme :

« Madame Marsch,

« Votre mari est très malade, venez tout de suite.

« S. Hale.
« Grand Hôpital — Washington. »