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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/233

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ayant raconté comment elle avait donné ses histoires au journal, elle ajouta : « Lorsque je suis allée pour chercher une réponse, le directeur a dit que toutes deux lui plaisaient, mais qu’il ne payait pas les commençants, qu’il les aidait ainsi à se faire un nom, et que, ce nom fait, rien ne leur serait alors plus facile que de tirer parti de leur talent dans des journaux plus riches que le sien. Je lui ai, malgré cela, laissé les deux histoires ; je préfère l’honneur à l’argent. La première a paru aujourd’hui. Laurie a déjà lu mes Peintres rivaux, il m’a dit que cela n’était pas mal du tout ; il m’a engagée à en écrire d’autres et promis qu’il allait faire en sorte qu’on me payât la seconde. Oh ! je serais si heureuse de pouvoir plus tard gagner ma vie et surtout celle des autres ! »

Et Jo, enveloppant sa tête dans son journal, arrosa sa petite histoire de quelques larmes de plaisir, car être indépendante, devenir utile à ceux qu’elle aimait et être louée par eux, c’était là son plus cher désir, et ceci semblait être le premier pas vers ce but heureux.