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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/231

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« Y a-t-il quelque chose d’intéressant dans ce que vous lisez ? lui demanda Meg avec condescendance.

— Rien qu’une histoire qui n’a pas l’air bien fameuse, répondit Jo en empêchant soigneusement ses sœurs de voir le nom du journal.

— Vous feriez mieux de la lire tout haut ; cela nous distrairait et nous empêcherait de faire des sottises, dit Amy d’un air digne.

— Quel en est le titre ? dit Beth en se demandant pourquoi Jo cachait sa figure derrière le papier.

Les Peintres rivaux.

— Si cela vous paraît joli, lisez-le, » dit Meg.

Jo, faisant un « hum » prolongé, respira longuement et commença à lire très vite. Ses sœurs écoutèrent avec intérêt l’histoire, qui était romanesque et quelque peu pathétique, puisque la plupart des personnages finissaient par mourir.

« J’aime ce qu’on dit de cette splendide peinture, fut la remarque approbative d’Amy lorsque Jo eut fini.

— Je préfère l’entretien entre Viola et Angelo. Ce sont deux de nos noms favoris quand nous jouons pour nous la comédie ; n’est-ce pas bizarre ? dit Meg en s’essuyant les yeux, car cette scène l’avait émue.

— Par qui est-ce écrit ? Quel est l’auteur ? demanda Beth qui avait aperçu la figure de Jo et commençait à avoir des soupçons. Cela n’est toujours pas l’œuvre d’une bête, Meg elle-même a pleuré !… »

La lectrice se leva subitement du canapé où elle était couchée et, jetant au loin son journal, montra à ses sœurs une figure toute rouge et répondit d’un air en même temps solennel et excité :

« Par votre sœur Jo, ni plus ni moins !

— Par vous ! s’écria Meg en laissant tomber son ouvrage.