Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/221

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’heure. À la vue du jeune gentleman, elle ne parut pas précisément contente et passa précipitamment à côté de lui, en se bornant à lui faire un petit signe de tête assez froid. Mais il la suivit en lui demandant d’un air de sympathie :

« Avez-vous eu bien du mal, ma pauvre Jo ?

— Non, pas trop.

— Vous avez eu vite fait.

— Oui, grâce à Dieu.

— Mais pourquoi y êtes-vous allée seule ?

— Parce que je ne voulais pas qu’on le sût.

— Vous êtes la personne la plus originale que j’aie jamais vue ! Combien vous en a-t-on ôté ? »

Jo regarda son ami comme si elle ne comprenait pas ce qu’il disait, puis elle se mit à rire, comme si elle était subitement égayée par une découverte inattendue.

« J’aurais voulu, dit-elle avec un grand sang-froid, qu’on m’en prît deux, mais il faut que j’attende huit jours.

— Il n’y a pas là de quoi rire comme vous venez de le faire, dit Laurie qui se sentait mystifié. Est-ce que vous viendriez de faire quelque sottise, Jo ?

— Pourquoi pas ? répliqua Jo ; n’en faisiez-vous pas une en même temps ? Qu’est-ce qui vous appelait, monsieur, dans cette salle de billard d’en face d’où évidemment vous sortez ?

— Je vous demande pardon, miss ; ce n’est pas une salle de billard, c’est un gymnase, et j’apprenais à sauter par-dessus les haies.

— Si c’est vrai, j’en suis charmée.

— Pourquoi ?

— Parce que vous pourrez m’apprendre à faire cette opération dans toutes les règles, et alors je