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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/218

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CHAPITRE XIV

DEUX SECRETS


Jo était très occupée dans son grenier. Les jours d’octobre commençaient à devenir froids, et les après-midi étaient courtes. Pendant deux ou trois jours, le soleil brillant éclaira Jo assise sur le vieux sofa et écrivant fiévreusement dans ses cahiers étalés devant elle, pendant que Raton, son singulier favori, accompagné de son fils aîné, un beau jeune homme qui était évidemment très fier de ses naissantes moustaches, se promenait dans les haricots. Jo, très absorbée par son œuvre, arriva enfin à sa dernière page. Ce fut avec une satisfaction très grande qu’elle traça au bas, en plus gros caractères, ce joli mot « Fin », que les auteurs aiment tant à écrire, et son nom orné d’un paraphe gigantesque.

Elle jeta alors sa plume de côté en s’écriant :

« Là ! j’ai fait ce que j’ai pu. Si cela ne convient pas, il faudra que j’attende jusqu’à ce que je puisse mieux faire. »

Et, se renversant sur son vieux sofa, elle relut soigneusement son manuscrit, soulignant çà et là certains passages, y ajouta beaucoup de points d’exclamation ressemblant à autant de petits manches à