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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/215

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compte de mes bonnes et de mes mauvaises notes sur la seule inspection de la figure de M. Brooke. Je le vois saluer et sourire lorsqu’il passe devant votre fenêtre ; mais je ne savais pas que vous aviez en lui un télégraphe.

— Ne vous fâchez pas, Laurie, et, je vous en prie, ne lui racontez jamais que je viens de me permettre de vous parler de lui. J’ai voulu vous montrer que je m’inquiète de ce que vous faites. Ce qui est dit entre nous est dit en confidence, vous savez, s’écria Meg, tout alarmée à la pensée de ce qui pourrait parvenir de son discours imprudent jusqu’à M. Brooke, si Laurie lui racontait cet entretien.

— Ne craignez rien, miss, fit Laurie avec son plus grand air. Mais je ne suis pas fâché de savoir que M. Brooke était votre baromètre, en ce qui me concerne. Je veillerai à ce qu’il n’ait à me montrer à vous qu’au beau fixe.

— Je vous en prie, ne soyez pas offensé, mon cher Laurie. Je n’ai pas eu la prétention de vous faire un sermon ; mais j’ai été emportée par la peur de l’influence que pouvaient avoir sur vous les avis que Jo, étourdiment, vous avait donnés. Vous seriez le premier à regretter de les avoir suivis. Vous êtes si bon pour nous que nous vous considérons comme notre frère et vous disons tout ce que nous pensons. Pardonnez-moi. Mon intention a été bonne, vous n’en sauriez douter, Laurie ? »

Meg lui offrit sa main avec un geste timide mais affectueux.

Laurie, honteux de s’être montré un peu susceptible, serra la bonne petite main et dit franchement :

« C’est moi seul qui dois vous demander pardon ; je ne suis pas content de moi aujourd’hui, et tout est allé