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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/186

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beau, je planterai une tente dans la grande prairie, et toute la compagnie ira en bateau déjeuner sur l’herbe et jouer au crocket ; nous ferons la cuisine à la mode des Bohémiens, sur un feu en plein air, et nous jouerons à toutes sortes de choses. Ces Anglais sont gentils et cela leur plaira. Mon aimable et sévère instituteur, M. Brooke, viendra pour nous faire tenir tranquilles, nous autres garçons, et je voudrais que vous vinssiez toutes. Il ne faut, à aucun prix, que Beth reste ; personne ne l’ennuiera. Ne vous occupez de rien pour le dîner ; je veillerai à ce que le mien vaille le vôtre, votre dîner à jamais fameux. Venez seulement, soyez gentille !

« Votre Laurie très pressé. »

« Le taquin ! s’écria Jo, il faut qu’il mêle sa moquerie aux meilleures choses. C’est égal, voilà du plaisir pour demain ! »

Et elle partit en courant pour dire les nouvelles à Meg et à Mme Marsch.

« Naturellement nous irons, n’est-ce pas, mère ? Cela aidera tant Laurie, car je sais ramer ; Meg s’occupera du déjeuner, et les enfants se rendront utiles d’une manière ou d’une autre, et en tout cas ils seront si contents !

— J’espère, dit Meg, que les Vangh ne sont pas des Moffat et qu’ils ne trouveront pas dans une partie de campagne matière à toilette. En avez-vous déjà entendu parler, Jo ?

— Je sais qu’ils sont quatre : Miss Kate, l’aînée, est plus âgée que vous ; Fred et Frank sont jumeaux et ont à peu près mon âge, et Grâce, la dernière, a neuf ou dix ans. Laurie les a connus en Angleterre et