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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/184

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désirais. Je suppose que c’est M. Brooke qui me l’envoie, car je ne reconnais pas l’écriture de Laurie. »

Mme Marsch regarda attentivement Meg, qui était très jolie avec sa robe de guingamp et ses cheveux bouclés ; assise devant sa petite table à ouvrage, remplie de jolies petites bobines de fil, elle cousait en chantant, l’esprit occupé de fantaisies de jeune fille, et paraissait tellement innocente et fraîche, et semblait si peu se douter de la pensée qui traversait l’esprit de sa mère, que Mme Marsch sourit et fut satisfaite.

« Deux lettres pour le « docteur Jo », deux livres et un drôle de grand, grand chapeau, qui était posé sur la poste et la couvrait tout entière, dit Beth en entrant dans le cabinet où Jo était occupée à écrire.

— Que Laurie est donc taquin ! J’ai dit l’autre jour que je voudrais que ce fût la mode de mettre des chapeaux plus grands, et il m’a répondu : « Ne faites pas attention à la mode, mettez un grand chapeau si cela vous plaît. » Je lui ai dit que ce serait ce que je ferais si j’en avais un, et voilà qu’il m’envoie celui-là. Eh bien, je le mettrai, afin de lui montrer que je ne m’inquiète pas de la mode. »

Et après avoir essayé son chapeau à larges bords, qui ne lui allait pas mal du tout, Jo se mit à lire ses lettres.

L’une d’elles était de sa mère. En la lisant, les joues de Jo devinrent toutes rouges, et ses yeux se remplirent de larmes.

« Ma chère Jo,

« Je vous écris un petit mot pour vous dire avec quelle satisfaction je vois les efforts que vous faites pour réformer votre caractère. Vous ne parlez jamais