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Meg, vous serez la dame qui a les mains bien blanches, reçoit des visites et donne des ordres. »

Cette offre obligeante fut acceptée avec empressement par Meg. Elle se retira dans le parloir, et elle trouva un moyen singulier de le mettre plus rapidement en ordre, en fermant les volets pour s’épargner la peine d’essuyer les meubles.

« Quand on ne voit pas la poussière, se dit-elle, c’est comme s’il n’y en avait pas. »

Jo, avec une foi parfaite dans ses propres capacités et un désir amical de terminer son différend avec Laurie, commença par écrire à son ami pour l’inviter à dîner.

« Vous feriez peut-être mieux de voir ce que vous avez pour dîner avant de faire des invitations, dit Meg, plus sage quand il s’agissait des autres que pour elle-même, et qui redoutait les suites de cet acte inconsidéré.

— Oh ! il y a du bœuf froid et beaucoup de pommes de terre ; j’achèterai des asperges et une langouste, ainsi que de la laitue pour faire de la salade ; je trouverai les recettes dans le livre de cuisine. Pour dessert, nous aurons du blanc-manger et des framboises, et je vous donnerai aussi du café, si vous désirez faire comme les grandes personnes.

— N’essayez pas de faire des choses trop difficiles, Jo ; vous ne savez rien faire que du nougat et du pain d’épice. Vous avez invité Laurie sous votre propre responsabilité, c’est à vous à prendre soin de lui.

— Je ne vous demande que d’être aimable pour lui et de me donner votre avis si je suis embarrassée, dit Jo, un peu blessée du ton de sa sœur.

— Je veux bien, mais je ne sais pas grand’chose en fait de cuisine. Vous feriez beaucoup mieux, avant de