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« Ce n’est pas une petite affaire de tenir convenablement un ménage. »

Il y avait beaucoup de provisions dans le garde-manger, et, pendant que Beth et Amy mettaient la table, Meg et Jo firent le déjeuner, en se demandant mutuellement pourquoi les domestiques se plaignaient toujours de leur ouvrage.

« Je porterai à déjeuner à maman, quoiqu’elle ait dit que nous ne devions pas nous inquiéter d’elle, » dit Meg, qui présidait et se trouvait l’air tout à fait respectable derrière la théière.

Avant de commencer, Jo mit sur un plateau tout ce qui était nécessaire pour le déjeuner de sa mère, et Meg le lui porta, avec « les compliments de la cuisinière ». Sans doute, le thé avait bouilli et était très amer ; sans doute, l’omelette était brûlée et les rôties trop salées ; mais Mme Marsch reçut son repas avec beaucoup de remerciements, et lorsque Meg fut partie, elle rit de tout son cœur, en se disant :

« Pauvres petites ! je crains qu’elles n’aient une journée bien difficile, mais cela ne leur fera pas de mal, au contraire. »

Elle déjeuna alors des provisions qu’elle avait auparavant mises de côté pour elle, et eut cependant l’attention délicate de faire disparaître le déjeuner immangeable que lui avait apporté Meg, afin que ses filles ne fussent pas blessées en le retrouvant intact.

Mais les plaintes furent nombreuses dans la salle à manger, lorsque les fautes de la cuisinière en chef furent, à son grand chagrin, découvertes et par elle-même et par ses sœurs.

« Cela ne fait rien, dit Jo, bien qu’elle fût encore moins avancée que Meg dans l’art culinaire ; ce soir, je serai la cuisinière et je ferai le dîner. Quant à vous,