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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/172

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nurent toutes intérieurement qu’elles étaient satisfaites que la semaine fût enfin presque finie.

Mme Marsch, qui avait beaucoup d’esprit, voulant graver plus profondément la leçon dans leur mémoire, résolut de terminer l’épreuve de manière à les ramener tout à fait à la raison. Elle donna à Hannah un jour de vacances et laissa les petites filles jouir tout un jour de plus de l’effet complet du système qui consistait à s’amuser sans répit.

Lorsqu’elles se levèrent le samedi matin, il n’y avait pas de feu à la cuisine, pas de déjeuner dans la salle à manger, et personne nulle part.

« Miséricorde ! Qu’est-ce qui est arrivé ? » s’écria Jo toute consternée en regardant autour d’elle.

Meg courut dans la chambre de sa mère, et revint bientôt en paraissant rassurée, mais très étonnée et un peu honteuse.

« Mère n’est pas malade, elle est seulement très fatiguée, et elle dit qu’elle va rester tranquillement dans sa chambre toute la journée et nous laisser nous tirer d’affaire comme nous pourrons. C’est très bizarre de la voir comme cela. Rien n’est plus contraire à ses habitudes ; mais elle dit que cette semaine-ci a été très fatigante pour elle et qu’elle a besoin d’un absolu repos. Ainsi, ne murmurons pas, et faisons gentiment tout l’ouvrage.

« Cela ne me déplaît pas ; je mourais d’envie d’avoir quelque chose à faire, c’est-à-dire quelque amusement nouveau, vous savez ? » ajouta vivement Jo.

Dans le fait, c’était un soulagement immense pour elles toutes d’avoir à s’occuper. Elles commencèrent à faire leur ménage avec la meilleure bonne volonté du monde ; mais elles découvrirent bientôt la vérité du dicton favori de Hannah :