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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/161

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mais très joli à voir, tout couvert de chèvrefeuille et liserons étalant en gracieux festons leurs clochettes aux mille couleurs ; elle avait aussi de grands lis blancs, des fougères délicates et autant de plantes brillantes et pittoresques qu’elle en pouvait placer dans la petite étendue de son parterre.

Jardiner, se promener à pied ou en voiture, faire des parties de bateau et aller à la chasse aux fleurs ou aux papillons, tout cela occupait suffisamment les jeunes filles pendant les belles journées ; les jours de pluie, elles avaient d’autres jeux, les uns anciens, les autres nouveaux, tous plus ou moins originaux. L’un de ceux-ci était le Club Pickwick. Les sociétés closes étant très à la mode dans le pays, elles avaient trouvé indispensable d’en former une, et, comme elles admiraient toutes Charles Dickens, elles avaient nommé leur Club le « Pickwick Club ».

Depuis un an, presque sans interruption, elles s’étaient réunies tous les samedis soirs dans un grand grenier en observant les cérémonies suivantes : on arrangeait quatre chaises autour d’une table sur laquelle étaient une lampe et quatre grands bandeaux blancs, au milieu desquels on lisait en gros caractères de différentes couleurs ce chiffre : C. P. Le journal hebdomadaire appelé le Portefeuille Pickwick, auquel chacun des membres du club contribuait journellement, occupait le centre de la table.

Jo, qui aimait passionnément les plumes et l’encre, en était l’éditeur.

À sept heures du soir, les quatre membres montaient à la chambre du club, nouaient leur bandeau blanc autour de leur tête et s’asseyaient solennellement.

Meg, étant l’aînée, était M. le président ; Jo était chargée de faire le procès-verbal du portefeuille de