Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/157

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tant de rire, comme si sa seconde pensée était de ne plus considérer la chose que comme une absurde plaisanterie.

— Si vous le dites à Laurie, je ne vous pardonnerai jamais, répliqua vivement Meg. Je ne dois assurément rien dire de toutes ces vilenies, n’est-ce pas, mère ? demanda Meg toute désolée.

— Non ; ne répétez jamais ces ridicules bavardages et oubliez-les le plus tôt possible, dit gravement Mme Marsch. J’ai été très peu sage de vous laisser aller chez des personnes que je ne connaissais pas assez complètement. Elles sont bonnes peut-être ; mais, je le vois trop tard, elles sont trop mondaines et pleines d’idées qui, grâce Dieu, ne vous avaient jamais effleurée. Je suis plus peinée que je ne puis le dire du mal que cette visite a pu vous faire, Meg.

— Ne soyez pas si peinée, mère ; j’oublierai tout le mal et je me rappellerai seulement le bien. J’ai eu, en somme, un peu de plaisir qui a fini par une dure et utile leçon. Je vous remercie, mère, de m’avoir mise en situation de la recevoir, c’est une expérience qui me servira à l’avenir. Je ne serai pour cela ni plus romanesque ni moins contente de mon sort : je n’ignore pas que je suis une petite fille qui ne sait rien du tout, et je veux rester avec vous jusqu’à ce que je sois capable de prendre soin de moi-même. Mais pourquoi est-il agréable d’être louée et admirée ? Je ne peux pas m’empêcher de dire que cela ne m’a pas assez déplu, dit Meg, qui ne paraissait qu’à moitié honteuse de sa confession.

— Ce sentiment ne serait pas mauvais, dit Mme Marsch, si les louanges avaient porté sur des choses louables en elles-mêmes. La modestie n’exclut pas la satisfaction d’être approuvée et appréciée comme on l’a mérité. Mais tel n’était pas le cas, ma pauvre enfant. »