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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/142

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ment, elle ne sautait pas comme les autres jeunes filles. Mais, à la fin de la soirée, elle entendit par hasard quelques mots d’une conversation qui la troublèrent extrêmement ; elle était assise dans la serre et attendait une glace que son danseur était allé lui chercher, lorsqu’elle entendit une voix demander de l’autre côté du mur de fleurs :

« Quel âge a-t-il ?

— Seize ou dix-sept ans, je crois.

— Ce serait un très beau parti pour une de ces petites filles. Sallie dit qu’ils sont très intimes maintenant, et le vieux monsieur raffole d’elle.

Mme Marsch y a peut-être bien pensé ; mais la jeune fille n’y pense évidemment pas encore, dit une voix que Meg reconnut pour être celle de Mme Moffat.

— Elle a cependant énormément rougi quand les fleurs sont arrivées. Pauvre petite fille ! elle serait si jolie si elle était habillée. Pensez-vous qu’elle s’offenserait si nous lui offrions de lui prêter une robe pour jeudi ? demanda la voix de Clara.

— Elle est fière, mais je ne crois pas qu’elle s’en fâcherait, car elle n’a que cette robe de tarlatane. Elle peut y faire quelque accroc ce soir, ce qui sera un bon prétexte pour lui en offrir une nouvelle.

— Nous verrons ! J’inviterai ce petit Laurentz, soi-disant pour faire plaisir à Pâquerette, et nous nous amuserons à les voir ensemble. »

Au même moment, le danseur de Meg arriva et la trouva rouge comme un coquelicot et très excitée. Son orgueil lui fut utile dans ce moment-là ; il l’aida à cacher sa mortification de ce qu’elle venait d’entendre, car, quelque innocente et simple qu’elle fût, elle ne pouvait s’empêcher de comprendre le sens du bavardage de ses amies : Mme Marsch y a pensé ; — Elle