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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/134

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étroitement serrée, et, dans le silence qui suivit, elle pria du fond du cœur plus sincèrement qu’elle ne l’avait jamais fait. Dans une heure triste et cependant heureuse, elle avait appris non seulement l’amertume du remords du désespoir, mais encore la douceur de l’abnégation et du renoncement.

Amy remua et soupira dans son sommeil, et Jo, comme si elle voulait réparer sans retard sa faute, la regarda avec une expression que personne n’avait jamais vue sur sa figure.

« J’ai laissé le soleil se coucher sur ma colère, je n’ai pas voulu lui pardonner, et aujourd’hui, sans Laurie, il aurait pu être trop tard. Comment ai-je pu être si méchante ? » dit à demi-voix Jo en se penchant vers sa sœur et caressant doucement les cheveux encore un peu humides qui étaient épars sur l’oreiller.

Amy ouvrit les yeux comme si elle eût entendu ces bonnes paroles, et tendit les bras à sa sœur avec un sourire qui alla droit au cœur de Jo. Aucune d’elles ne parla, mais tout fut pardonné et oublié dans un baiser plein d’affection.