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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/94

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semblable allure ; mais elle finit par oublier ses frayeurs pour ne plus songer qu’à jouir des prouesses de ses cousins, qui caracolaient à ses côtés et luttaient de vitesse. Elle leur déclara qu elle ne s’était pas beaucoup trompée l’avant-veille en les prenant pour des écuyers du cirque.

Les jeunes cavaliers escortèrent jusqu’à la porte du manoir leur oncle et leur cousine. Là, ils mirent pied à terre, allèrent se ranger de chaque côté du perron pour faire une garde d’honneur à la princesse Rose, puis lui adressèrent un profond salut, sautèrent sur leurs poneys et repartirent à fond de train.

« Quelle bonne promenade ! s’écria la petite fille.

— Quand vous serez un peu plus forte, je vous prescrirai un poney, lui dit le docteur.

— Oh ! c’est inutile. Je ne veux pas monter à cheval. Je mourrais de peur s’il me fallait me tenir sur une de ces bêtes-là.

— Je ne vous croyais pas si poltronne. Voulez-vous venir voir ma chambre ? »

Rose suivit son oncle sans dire un mot ; les recommandations de tante Jessie lui revenaient à la mémoire, et elle se repentait déjà d’avoir répondu de la sorte.

Elle en fut encore plus fâchée un quart d’heure après.

« Entrez, dit le docteur en ouvrant sa porte. Quand vous aurez tout regardé, tout examiné, vous me direz si j’ai bon goût. »

La chambre verte était transformée.

Cette chambre ne servait guère qu’au moment des