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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/93

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« J’ai l’intention de dopter Furet, fit-il en se redressant. Tâchez de la traiter plus respectueusement.

— Doptez-la, si vous voulez, répliqua Archie, mais alors vous ferez bien de la mettre en cage, car elle devient pire qu’un petit singe. »

Tante Jessie, craignant une querelle, conseilla à Jamie de reconduire miss Furet auprès de sa mère. La poupée n’était qu’empruntée, et sa visite avait duré suffisamment pour un jour. Avant de l’emmener, Jamie tint à faire admirer à Rose tous les talents de sa petite amie. À force de bonbons et de supplications, le bébé récita une courte fable et fit sa plus belle révérence ; après quoi la poupée vivante disparut avec Jamie, tous deux soufflant dans leurs trompettes, de manière à assourdir leurs voisins.

« Il est temps que nous fassions de même, dit le docteur en se levant. Venez donc avec nous, Jessie !

— Je vous remercie, mon cher Alec, ce n’est pas possible ; mais, si vous le voulez bien, les enfants vous accompagneront jusqu’à la porte du manoir, — sans y entrer, bien entendu. »

À peine avait-elle fini de parler, que le chef Archie s’écriait d’un ton de commandement :

« En selle ! et vivement !… »

Le clan des Campbell se précipita dans la direction de l’écurie, pour revenir à cheval cinq minutes après. La joyeuse cavalcade descendit la colline au triple galop. L’ardeur des poneys excitait le vieux cheval des grand’tantes, et Rose n’était pas trop rassurée d’une