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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/89

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« Vous serez toujours la bienvenue ici, ma chérie. Un de mes chagrins, le seul, pourrais-je dire, est de n’avoir point de fille. Voulez-vous m’en tenir lieu ? »

Rose sentit alors qu’entre l’oncle Alec et la tante Jessie, elle n’avait pas le droit de se croire orpheline, et son cœur se gonfla de gratitude envers eux.

La voix de Jamie se fit entendre à côté d’elle.

« Maman, disait l’enfant, Rose vous a dit tout à l’heure qu’elle voulait partager ses cadeaux avec Phœbé ; me permettez-vous de donner la moitié de mes coquillages à Furet ?

— Qui appelez-vous Furet ? demanda Rose avec curiosité.

— Ma poupée, répondit Jamie. Voulez-vous la voir ?

— Je veux bien. J’adore les poupées, mais ne le dites pas, car on se moquerait de moi.

— Personne ne se moque jamais de moi à cause de ma poupée, répliqua Jamie, et mes frères jouent avec elle presque aussi souvent que moi. Je vais aller la chercher. »

Pendant l’absence de Jamie, Rose confia à sa tante qu’elle avait encore une poupée au fond de sa malle.

« Je l’aimais tant que je n’ai pas eu le courage de m’en débarrasser ; mais je suis trop grande pour oser y jouer encore.

— Il faudra la remplacer par celle de Jamie, » répondit Mme Jessie en souriant.

Rose eut l’explication du mystère, quand elle vit revenir Jamie accompagné d’une petite fille de trois ou quatre ans.