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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/86

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politique que l’oncle Alec, qui n’aimait les discussions d’aucune espèce, se hâta de prendre congé de sa belle-sœur.

Enfin la voiture entra dans la grande avenue de platanes qui conduisait à la demeure de tante Jessie.

« Ah ! s’écria Rose, ici nous allons avoir du bon temps. Pourvu que mes cousins soient de retour de l’école !

— Je leur ai donné rendez-vous à quatre heures, dit le docteur en tirant sa montre. Il est quatre heures cinq minutes, et tenez, voici Jamie qui guette notre arrivée. Le clan ne doit pas être loin. »

À la vue de la voiture, Jamie poussa un sifflement aigu, auquel répondirent de nombreux cris de : « Hourrah pour l’oncle Alec ! »

Les sept cousins accoururent de tous les côtés à la fois, se jetèrent sur les bagages qu’ils dévalisèrent comme une bande de brigands, et firent prisonniers le docteur et Rose pour les conduire en triomphe au salon.

« Petite mère ! petite mère ! les voici ! Venez voir vite ! » crièrent Will et Georgie pendant que leurs frères et leurs cousins dépouillaient sommairement les paquets de leurs ficelles et de leurs papiers.

Tante Jessie apparut bientôt, le sourire sur les lèvres, et les mains tendues vers ses visiteurs ; mais les enfants se précipitèrent à sa rencontre et l’empêchèrent d’avancer. Tante Jessie était « la petite mère » de ses neveux aussi bien que celle de ses propres fils. Tous les garçons de la famille avaient l’habitude de lui confier leurs secrets et de partager avec elle leurs peines comme leurs plaisirs ;