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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/78

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Était-il possible à Rose de se souvenir encore devant tant de merveilles de tous les griefs qu elle avait accumulés depuis la veille contre celui qui les lui rapportait de si loin !

Elle pardonna au docteur Alec le régime de lait et de bouillie d’avoine auquel il la soumettait, quand elle aperçut une magnifique boîte à ouvrage en ivoire découpé à jour ; elle se consola de la perte de sa ceinture de cuir de Russie en dépliant une douzaine d’écharpes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, et, lorsqu’elle découvrit dans un petit coffret plusieurs flacons d’essence, elle en oublia la plus grande injure de toutes : le fait de lui en avoir préféré une autre.

Pendant qu’elle était si agréablement occupée, son oncle opérait une véritable révolution dans la maison. Sans doute il avait pris au mot tante Prudence, car il bouleversait la chambre verte de fond en comble. Le fourneau de fonte, les grands rideaux de damas vert, le lit à quatre colonnes et tous les autres vieux meubles qui garnissaient cette pièce furent enlevés et portés au grenier par l’oncle Alec, aidé de Phœbé et de tante Prudence elle-même. Par quoi les remplaçait-on ? Rose n’était pas si absorbée par ses trésors qu’elle ne vît de temps en temps le docteur y porter soit des chaises de bambou, soit un paravent ou des grandes nattes de Chine, et jusqu’à un appareil hydrothérapique.

« Quelle drôle de chambre il va avoir ! » se dit-elle à plusieurs reprises.

Mais, comme son oncle lui avait dit qu’il n’avait pas