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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/77

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sembler à une gravure de modes ou à une poupée de cire ? Mens sana in corpore sano. — Une âme saine dans un corps sain — selon le vieil adage ; la santé du corps et celle de l’intelligence ; voilà ce qu’il faut désirer et ce qu’il tant s’efforcer d’acquérir !…

— Alors vous voudriez me voir, comme Phœbé, frotter les planches et essuyer la vaisselle ?

— Oui, si vous pouviez le faire aussi bien qu’elle, et me montrer des bras aussi ronds et aussi fermes que les siens. »

Rose était abasourdie.

« Vous trouvez que j’ai bien mauvais goût, lui dit son oncle, mais vous n’êtes pas encore au bout de ce qu’on appelle mes excentricités. Rentrons maintenant ; il se fait tard, et je n’aurai pas trop de toute la matinée pour arranger ma chambre.

— Pourrai-je vous aider ? s’écria Rose.

— Non, ma mignonne, je vous remercie ; mais n’ayez pas l’air si désappointé : la grande caisse dont je vous ai parlé est ouverte ; amusez-vous à la visiter. »

Rose ne fit qu’un bond jusqu’à cette fameuse caisse. On peut facilement se représenter son ravissement devant tant d’objets curieux. C’étaient à chaque découverte des cris de joie et des extases sans fin. La cuisse semblait inépuisable, et chaque nouveau cadeau plus joli que le précédent.

Une odeur d’ambre, de bois de sandal et de parfums orientaux se répandit bientôt dans la chambre, et le tapis fut littéralement couvert d’étoffes dépliées et de boîtes à demi ouvertes. Que de richesses !