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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/69

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sommeil calme il vous procurera, et comme vous serez fraîche et dispose le lendemain.

— Vraiment ? s’écria Rose, Je ne demande pas mieux que d’en essayer. Et cette belle coupe ? est-ce celle dont vous m’avez parlé ?

— Oui, mais je me suis rappelé qu’elle perdait la moitié de sa valeur lorsqu’elle est touchée par d’autres que par son légitime propriétaire. Il vous faudra donc apprendre à traire vous-même votre lait.

— Je ne pourrai jamais, objecta Rose terrifiée.

— Bah ! votre amie Phœbé vous montrera comment on doit s’y prendre ; vous ne serez pas plus incapable qu’elle d’une opération aussi simple.

— Ne croyez-vous pas, mon cher Alec, interrompit tante Prudence, que vous feriez bien de donner à Rose quelque chose d’un peu fortifiant.

— Si vous tenez à des pilules, en voici ! répondit le docteur en réprimant un léger sourire. J’ordonne à Rose de prendre tous les jours deux pilules, une le matin et une le soir. Vous en verrez bientôt les effets merveilleux. Allons, bonsoir, ma chère petite malade. »

Mais quand la porte se fut refermée sur la petite fille, son tuteur s’écria :

« En vérité, quand je songe à la tâche que j’entreprends, j’ai une envie folle de fuir pour revenir seulement quand Rose sera majeure ! »