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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/68

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avait appris que déjà elle était la fiancée de son frère Georges. Depuis lors, le docteur avait toujours voyagé ; mais il n’avait pu pardonner à son frère de lui avoir fait mystère de ses fiançailles, et n’était pas parvenu à oublier sa jeune belle-sœur morte au bout d’un an de mariage. Jamais une autre femme n’avait pris dans son cœur la place de celle qu il considérait comme une créature parfaite. Cependant, le temps aidant, et comme il l’avait dit à Rose, il avait fait la paix avec son frère à son dernier voyage, et il reportait sur la fille de celle qu’il avait tant aimée tout l’amour plein d’abnégation qu’il avait eu autrefois pour la mère.

À huit heures sonnant, l’oncle Alec s’approcha de Rose.

« Il faut aller vous coucher, ma petite, lui dit-il ; si vous veilliez plus longtemps, vous ne pourriez pas vous lever de bonne heure, et j’ai de grands projets pour demain matin. Que dites-vous de ce que j’ai déjà trouvé pour vous dans votre fameuse caisse ?

— Oh ! que c’est joli ? s’écria Rose, en prenant le coussin.

— Dans mes pérégrinations, continua le docteur, j’ai récolté d’excellents remèdes. Ils ont le mérite d’être non seulement très simples, mais très agréables, Que diriez-vous si nous les mettions en pratique ? Voici, par exemple, le coussin que vous tenez : il m’a été donné par une vieille Indienne qui m’a guéri d’une grave maladie. Il est rempli de safran, de pavots et de mille autres plantes somnifères. Posez-le sous votre oreiller ; vous verrez quel