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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/67

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Ouvrant alors une de ses malles, il en sortit un coussin de soie brodé d’arabesques d’or et d’argent, et une coupe en bois sculpté.

« Cela suffira pour le début, continua-t-il. Je l’effrayerais si je commençais trop énergiquement. Quand je posséderai sa confiance, j’aurai gagné la moitié de la partie… Mais il faudra lui faire pendre quelques pilules, sans quoi tante Prudence et tante Myra la croiront perdue. Je réponds que, si celles-là ne lui font pas de bien, elles ne lui feront au moins pas de mal ! »

Il alla chercher un gros morceau de pain de seigle, avec lequel il confectionna des pilules qu’il roula dans du sucre en poudre et qu’il renferma dans une ravissante petite bonbonnière en émail.

« Bien, fit-il alors. Comme cela j’aurai la paix, tout en faisant ma volonté. Quand l’expérience aura réussi, je confesserai mes méfaits. »

Pendant ce temps, Rose s’était mise au piano pour faire plaisir à ses tantes.

L’oncle Alec était rentré. Il l’écouta longtemps en songeant à l’unique roman de sa vie. Sa brouille avec son frère était venue d’une rivalité bien involontaire ; les deux frères s’étaient, sans se le dire, épris de la même jeune fille, celle-là même qui devait devenir la mère de Rose. C’était une petite Rose aussi, une nature d’élite, frêle et charmante comme sa fille qui lui ressemblait beaucoup, et pleine de cœur et d’intelligence. Lorsque le docteur Campbell, trompé par l’amitié fraternelle que lui témoignait la jeune fille, lui avait demandé sa main, il