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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/66

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pitre. Seule, tante Jessie parut comprendre la situation.

« Ce qu’il faut à cette pauvre petite, s’écria-t-elle, ce sont des soins maternels et beaucoup de tendresse. Comptez sur moi pour vous seconder, mon cher Alec. »

Et, de fait, le docteur ne comptait que sur elle. Il laissa parler ses belles-sœurs sans les interrompre, puis leur répondit enfin :

« Vous avez probablement toutes raison à votre point de vue particulier ; mais je ne trouve pas que, jusqu’à présent, vous ayez bien réussi avec cette enfant. Cela doit tenir à ce que trop de monde à la fois s’est occupé d’elle. Physiquement et moralement, elle est dans un triste état. Cependant, quoi qu’en dise Myra, je suis loin de la croire en danger, et je me fais fort de la guérir si vous voulez me laisser essayer, pendant un an, d’élever Rose à ma guise. Promettez-moi de ne vous opposer à rien de ce que je ferai, quelque bizarre que cela puisse vous paraître au premier abord. Si, dans un an, à pareille époque, je n’ai pas obtenu un meilleur résultat, je donnerai ma démission, et vous serez libres alors de prendre ma place. »

La question fut tranchée.

Le soir, après le départ de ses visiteurs, le docteur se mit à arpenter sa chambre d’un air préoccupé. Tout à coup, il sortit de sa rêverie et s’écria à demi-voix :

« La première chose à faire est d’occuper l’esprit de Rose et d’agir sur son imagination. Les pronostics funèbres de Myra ne sont bons qu’à démoraliser des personnes même plus âgées que cette enfant. »