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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/65

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« mon garçon » ce grand monsieur dont les quarante ans semblaient à Rose un âge vénérable.

Cependant, le bruit de l’arrivée du docteur s’étant répandu dans le pays, toute la famille Campbell vint lui souhaiter la bienvenue, et Rose put voir combien chacun aimait son tuteur.

« Eh bien, cousine, lui dit Archie, n’avais-je pas raison hier en vous disant que ce que nous attendions était brun et bleu et que nous l’aimerions tous à la folie ? L’oncle Alec est brun, son costume de marin tout bleu, et nous sommes prêts à le manger de baisers. »

Pendant que les enfants jouaient ensemble, les grandes personnes avaient entre elles un long entretien dont notre petite héroïne fit tous les frais. Ce fut une sorte de conseil de Camille. Chacun fut appelé à donner son avis sur l’orpheline et le genre de vie qui lui convenait.

Tante Prudence déclara que Rose ne ressemblait à aucune autre petite fille, et qu’elle ne se chargeait pas de l’élever. Tante Myra annonça la fin prochaine de sa nièce, qu’elle croyait de bonne foi phtisique au dernier degré. La frivole tante Clara ne songeait qu’à envoyer Rose dans une pension fashionable et à la conduire dans le monde le plus tôt possible. L’austère tante Juliette aurait voulu au contraire qu’on mît l’enfant dans un de ces pensionnats sévères ou l’on bourre les jeunes filles de travail sans assez de souci de leur santé.

L’oncle Alec, dont les paroles eussent été noyées par ce déluge de phrases féminines, ne dit mot, et tante Patience, toujours malade, n’avait pas voix au cha-