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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/64

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gique, est-ce que vous tenez essentiellement à me faire manger de ça ? »

Ça, comme disait Rose, c’était une sorte de bouillie faite avec de la farine d’avoine.

« Vous ne l’aimez pas ? dit l’oncle Alec.

— Je la déteste, fit-elle avec emphase.

— Alors vous mentez à votre origine écossaise, car c’est là notre mets national par excellence. C’est dommage. Je l’avais faite moi-même, comptant bien la partager avec vous. Vous ne vous imaginez pas comme c’est bon avec de la crème bien épaisse. N’en parlons plus, puisque vous ne l’aimez pas. »

Rose était résolue à ne pas toucher à cette détestable bouillie ; mais, du moment où on ne la forçait pas à obéir, elle changea d’avis.

« On m’a si souvent répété que c’était bon pour la santé, dit-elle, que je l’ai prise en grippe, mais je veux bien en manger un peu pour vous être agréable.

— Cela me fera vraiment plaisir, mon enfant. Tous mes neveux ont été élevés de cette manière, et leur santé s’en est fort bien trouvée. Je veux que ma fillette devienne aussi forte et aussi bien portante que ses cousins. »

Rose porta sa cuiller à sa bouche avec la ferme intention de manger, coûte que coûte ce mets exécré ; elle fut très surprise de le trouver beaucoup moins mauvais qu’elle ne se l’était figuré, et bientôt elle ne songea plus qu’à suivre la conversation animée qui avait lieu entre son oncle et ses grand’tantes. Rien ne lui paraissait plus comique que d’entendre les vieilles demoiselles appeler