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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/60

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bien bonnes, et je ne demanderais pas mieux que de leur être agréable ; mais je ne sais pas comment il faut faire, car elles se ressemblent si peu que ce qui plaît aux unes déplaît aux autres. »

L’oncle Alec se mit à rire de bon cœur. Il connaissait ses belles-sœurs et comprenait parfaitement l’embarras de Rose. Au milieu de tous ces caractères dissemblables et avec tant de directions différentes, la petite fille semblait un volant repoussé incessamment par des raquettes. Il était plus que temps pour elle que l’arrivée de son tuteur mît fin à cet état de choses.

« Dorénavant, lui dit celui-ci, nous laisserons de côté le régime des tantes pour passer à celui des oncles. Cela vous réussira peut-être mieux. Je suis votre tuteur légal, ne l’oubliez pas, ma chère pupille. Désormais personne autre que moi ne se mêlera de vous et de votre éducation. La petite barque n’aura plus qu’un seul capitaine qui tâchera de la diriger dans le droit chemin. N’avez-vous plus d’autres chagrins ? »

Rose devint rouge comme une pivoine en murmurant :

« Je ne peux pas vous le dire... Ce ne serait pas gentil… D’ailleurs, je suis à peu près sûre de ni être trompée. »

Son oncle n’avait pas besoin d’explication pour comprendre de quoi il s’agissait.

« Écoutez-moi bien, mon enfant, lui dit-il d’une voix grave et émue. Je vais vous parler sérieusement comme à une personne raisonnable. Vous me connaissez à peine : évidemment je ne puis obtenir tout de suite votre