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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/58

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toujours malade ou mal en train ; je ne puis rien faire sans fatigue !…

— Ne vous en inquiétez pas. C’est l’affairé des médecins et je me charge d’y mettre bon ordre.

— Tante Myra dit que je serai malade toute ma vie parce que j’ai une mauvaise constitution, déclara Rose d’un petit air important qui prouvait qu’elle était très disposée à considérer une santé délicate comme une qualité qui la plaçait au-dessus du commun des martyrs.

— Tante Myra est une... commença le docteur d’une voix irritée. Hum ! fit-il en se reprenant, c’est une excellente femme, mais elle a la manie de croire que tous ceux qui l’entourent sont mourants. Nous lui prouverons qu’on peut très bien fortifier des tempéraments et qu’avec un peu de bonne volonté de leur part, les petites filles les plus pâles deviennent facilement fraîches et roses. Soyez sans inquiétude à ce sujet. Si vous voulez m’obéir, je réponds de vous guérir bientôt.

— Quel bonheur ! s’écria Rose. C’est si ennuyeux de n’avoir point de force... Mais j’espère que vous ne me ferez pas prendre des remèdes trop désagréables. Si vous saviez ce que j’en ai déjà avalé ! Vous voyez bien tous ces médicaments qui sont sur la cheminée, il y en a là dedans qui sont horriblement mauvais. »

Le docteur se leva brusquement pour aller passer en revue le régiment de fioles dont parlait sa nièce. En lisant les étiquettes de chacune de ces petites bouteilles tantôt il fronçait les sourcils, tantôt il levait les épaules.