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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/52

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C’est à peine si elle avait pu l’entrevoir la veille, car, toutes les fois qu’elle avait essayé de le regarder, elle avait rencontré un regard bleu fixé sur elle avec attention.

Tout à coup elle aperçut son tuteur qui revenait de son bain matinal, les cheveux encore tout ruisselants d’eau de mer. Il se promenait lentement au soleil, et Rose put l’observer à son aise.

C’était un homme d’une quarantaine d’années au teint bronzé et aux larges épaules. Il était grand et alerte, vif et robuste ; il portait le costume bleu des marins, et les boucles de ses cheveux bruns encadraient une figure à la fois douce et ferme.

« Je crois que je l’aimerai, se dit Rose. Il a l’air d’avoir une volonté à lui, mais il doit être très bon. »

Le docteur leva la tête pour voir si le grand marronnier était prêt à fleurir, et il aperçut la petite curieuse à son balcon.

« Déjà levée, dit-il en souriant.

— Je voulais savoir si vous étiez bien réellement arrivé, répondit Rose.

— Venez faire un tour de promenade avec moi, vous vous assurerez par vous même que je suis ici en chair et en os.

— Tante Patience me défend de sortir de ma chambre avant le déjeuner.

— Vraiment ? Alors, puisque la montagne ne peut pas venir vers Mahomet, c’est Mahomet qui ira vers la montagne. »