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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/49

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Peu après, le clan des Campbell prit congé de ses aimables hôtes et s’éloigna en chantant à tue-tête : « Les bonnets bleus sont à la frontière. »

« Eh bien, fillette, dit alors tante Prudence, comment trouvez-vous vos cousins ?

— Ils sont très gentils, répondit Rose, mais j’aime mieux Phœbé. »

La vieille demoiselle fut stupéfaite de cette réponse, qu’elle alla répéter à sa sœur en ajoutant :

« Il est heureux qu’Alec revienne bientôt nous décharger de toute responsabilité, car je renonce à comprendre cette enfant. »

Rose, un peu fatiguée de sa journée, s’étendit sur une chaise longue avec l’intention de deviner le secret dont avaient parlé ses cousins.

Elle s’endormit au beau milieu de ses méditations, et rêva qu’elle était revenue dans la maison paternelle et couchée dans son petit lit. Il lui semblait voir son père s’approcher d’elle, la prendre dans ses bras et l’embrasser tendrement en murmurant :

« Ma pauvre enfant !… ma chère petite Rose ! »

Ce rêve était si doux et en même temps si réel, que la petite fille se réveilla en sursaut pour se trouver en effet dans les bras d’un grand monsieur à barbe brune qui lui disait d’une voix laquelle semblait l’écho de celle de son père :

« Rose, ma chérie, n’ayez pas peur, je suis l’oncle Alec. »