Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/47

Cette page a été validée par deux contributeurs.


et signes amicaux à la petite personne qu’ils apercevaient à travers les barreaux de la rampe. Les doux yeux de Rose, son air timide, sa jolie figure et surtout sa robe noire témoignant d’un deuil récent, lui avaient gagné le cœur de ses cousins, et ils avaient résolu d’un commun accord de s’efforcer de lui faire oublier qu’elle était orpheline.

« Descendez-vous ou si je monte ? lui cria Charlie, en imitation de Barbe-Bleue.

— Le goûter est prêt, ajouta Will.

— Voulez-vous accepter mon bras ? » lui dit Archie avec une courtoisie digne d’un chevalier de l’ancien temps.

Rose, plus rouge qu’une cerise, fut conduite à la place d’honneur.

Le goûter fut très gai et rendu plus intéressant encore par la conduite incompréhensible de Charlie et d’Archie. Ces jeunes gens ne cessaient de faire des allusions mystérieuses à un secret qu’ils connaissaient seuls. C’était, disaient-ils, un événement extraordinaire, une chose importante qui ferait le bonheur de toute la famille. On les accablait de questions, sans perdre un coup de dent, bien entendu, mais ils refusaient de soulever le plus petit coin du voile qui entourait ce mystère.

« Est-ce que je connais cela ? demanda Jamie.

— Oui, répondit Charlie, mais vous êtes trop petit pour vous en souvenir. Stève et Mac l’aiment beaucoup. Nous l’aimons tous, du reste. »

Stève et Mac abandonnèrent un instant leurs beignets pour mieux réfléchir.