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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/284

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que Robinson Crusoé avant l’arrivée de Vendredi. »

Cette confidence confirma Rose dans la résolution qu’elle avait prise de lui ramener son Mentor le plus tôt possible.

Tout en causant, ils arrivèrent au manoir, et bientôt le prince Charmant reprit le chemin de son domicile en méditant sur ce fait surprenant : qu’il paraît tout naturel à un jeune homme de confier à une sœur ou à une petite amie des secrets que, pour un empire, il ne dirait pas à un de ses camarades.

Dès le lendemain, la petite conciliatrice alla trouver Archie et lui raconta gentiment une partie de la conversation qu’elle avait eue avec Charlie.

« Les torts ne venaient point de moi en cette affaire, mais n’importe, lui dit Archie avec le sérieux qui lui était habituel, je ferai ce que vous me demandez. J’ai pour Charlie une véritable affection de frère ; il a beaucoup de qualités, c’est le meilleur garçon que je connaisse, mais il se laisse facilement entraîner, et sa faiblesse pourrait bien lui jouer un mauvais tour. Pauvre Charlie ! je l’ai un peu négligé malgré moi pendant le séjour de mon père ; c’est alors qu’il s’est jeté à corps perdu dans la société où il est maintenant et qui ne me plaît guère. Imaginez-vous que, pour singer les hommes, ces jeunes gens, qui ont deux ou trois années de plus que Charlie et moi, passent leurs journées au café, où ils jouent, font des paris insensés, fument comme de vrais tuyaux de poêle et boivent parfois outre mesure ! Quand j’ai vu qu’ils attiraient Charlie, j’ai fait ce que j’ai pu pour le retenir sur