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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/271

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— Quel bonheur ! répondit Rose ; mais si elle va à l’école, qui est-ce qui fera son ouvrage ? Et Debby qui se plaint toujours tant !… Comment faire ?

— Écoutez-moi, ma chérie, vous allez voir que tout s’arrangera, poursuivit le docteur. Debby est devenue si âgée et d’un caractère si peu commode, que vos tantes se proposent de lui constituer une pension viagère, grâce à laquelle elle finira ses jours en paix avec ses enfants. Tout est déjà convenu avec ceux-ci, et vos tantes vont se mettre en quête d’une femme de chambre et d’une cuisinière pour remplacer Debby et Phœbé.

— Oh ! s’écria Rose, qu’est-ce que je deviendrai sans Phœbé ! Ne pourrait-elle pas rester avec nous ? Je payerai, s’il le faut, sa nourriture avec l’argent de mes menus plaisirs.

— Tranquillisez-vous, mignonne, répondit M. Alec, Phœbé ne nous quittera pas. Afin de mettre sa fierté plus à l’aise, nous lui demanderons d’être votre petite femme de chambre, ce dont elle peut facilement s’acquitter dans l’intervalle des heures de classe. Je la connais : elle n’accepterait pas une faveur qu’elle ne pût reconnaître d’une manière ou d’une autre, et je la vois d’ici frisant et défrisant vos boucles blondes dix fois par jour, sans jamais trouver qu’elle fait assez pour votre service... Que dit ma petite Rose de Mai des projets de son vieil oncle ?

— Tous vos projets sont excellents, s’écria Rose, et ils réussissent toujours à merveille. Je ne comprends pas comment font les petites filles qui n’ont pas d’oncle Alec pour les aimer et les rendre heureuses !... Je cours annon-