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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/267

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— La classe est terminée pour aujourd’hui, fit la jeune maîtresse d’école de son ton le plus imposant.

— Mademoiselle, dit Phœbé, du fond du cœur je vous remercie beaucoup, beaucoup ! »

Les leçons continuèrent ainsi pendant une huitaine de jours. Phœbé avait une mémoire excellente, une intelligence remarquable et un vif désir d’apprendre « quelque chose ; » elle croyait sincèrement que Rose savait tout, et celle-ci, se piquant au jeu, résolut de mériter la haute opinion qu’on avait d’elle. Les jeunes gens se moquèrent en vain du « grand pensionnat de miss Rose, » rien ne pouvait refroidir le zèle des deux petites filles, et, au bout du compte, les sept cousins convinrent que cela avait du bon, que Rose était « un bijou, » et Phœbé si gentille et si intelligente, que ce serait « trop mal » de ne pas l’aider à acquérir l’instruction qu’elle désirait si ardemment. Si bien qu’un beau jour, ils leur offrirent à toutes deux de leur donner gratis des leçons de grec et de latin. Il est inutile d’ajouter que leur offre cordiale fut repoussée à l’unanimité.

Cependant Rose n’était pas sans inquiétude sur ce que dirait l’oncle Alec à son retour. Elle ne voulut pas lui écrire ce qui se passait et résolut de préparer un speech bien éloquent pour le convaincre quand il serait arrivé. C’eût été peine perdue, le docteur revint à l’improviste et dérangea toutes ses combinaisons.

Une belle après-midi, tandis que Rose, assise par terre au pied de la bibliothèque, feuilletait un énorme in-fulio, un monsieur à la barbe brune arriva derrière elle à pas