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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/262

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donner ! Mais aussi pourquoi n’êtes-vous pas venue m’en demander ? C’est très mal à vous, Phœbé, et, si vous recommenciez jamais, je ne vous le pardonnerais pas.

— Vous faites déjà tant pour moi, chère mademoiselle, reprit Phœbé avec un élan de gratitude sincère. Comment pouvais-je vous demander encore.

— Quelle petite orgueilleuse ! interrompit Rose. Vous savez bien que c’est cent fois meilleur de donner que de recevoir ! Pourquoi me priver volontairement d’un si grand plaisir ?… Phœbé, j’ai une idée : si vous dites non, je me fâcherai tout rouge. Voici ce que c’est : je m’ennuie, je ne sais que faire pour m’occuper. Voulez-vous que je vous apprenne tout ce que je sais ? Ce ne sera pas bien long, allez, ajouta-t-elle en riant. »

Phœbé rougit de bonheur et pâlit presque aussitôt.

« Je n’aurai jamais le temps, dit-elle tristement. Et puis, M. Alec vous a défendu de travailler. Si vous vous fatiguez avec moi, qu’est-ce qu’il dira quand il reviendra ?

— Cela ne me fatiguera pas, dit Rose d’un ton péremptoire. Mon oncle m’a défendu d’étudier pour mon propre compte, mais non pas de faire étudier les autres. Et quant à votre ouvrage, ne vous en inquiétez pas, je vous aiderai à le faire, s’il le faut. Allons, venez dans ma chambre ; c’est là que nous ferons la classe. Vous verrez comme nous nous amuserons !

— Ah ! que vous êtes bonne ! murmura Phœbé, tandis que Rose s’élançait la première dans l’escalier.

— Je vous avertis que je serai très sévère, dit Rose