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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/254

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qui avaient mis sa petite maîtresse bien-aimée dans l’état où elle était.

« J’arrangerai bien Mac tout à l’heure, dit Charlie en serrant les poings. Je lui laverai la tête d’une bonne façon ! Mais, sérieusement, Rose n’est pas gravement malade ?

— Si, répondit Phœbé ; le docteur ne dit plus : Ce n’est qu’un rhume. Il parle de refroidissement, et bientôt ce sera une purésie ! »

Charlie ne put se retenir de rire.

Phœbé s’écria, indignée :

« Comment pouvez-vous avoir le cœur de rire quand elle souffre comme un martyr ! Écoutez et vous ne rirez plus, j’espère ! dit-elle avec un éclair de colère dans ses beaux yeux noirs.

— Oh ! mon oncle, disait la pauvre Rose d’une voix entrecoupée, donnez-moi quelque chose pour me guérir ! Laissez-moi respirer une minute, rien qu’une minute, cela me fait si mal ! »

Et après un instant de silence :

« Ne dites rien à mes cousins, ils trouveraient que je ne suis pas courageuse ! mais je ne puis pas me retenir de pleurer ! »

Charlie, cette fois encore, ne put pas se retenir, mais ce fut de pleurer en l’entendant ; puis, comme les hommes ne doivent pas s’attendrir, pour donner le change à Phœbé, il s’écria en passant son bras sur ses yeux :

« Ôtez donc cette moutarde de dessous mon nez. Cela me pique horriblement.