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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/247

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entendant gémir le vent, il s’était dit que Rose ferait peut-être aussi bien de remettre sa sortie au lendemain. L’intervention intempestive de tante Myra suffit pour le décider à laisser sa pupille agir à sa guise… À vrai dire, il ne craignait rien pour elle, car elle sortait tous les jours et par tous les temps, et ce fut avec une sorte de satisfaction qu’il la vit passer en courant sous sa fenêtre ; ses patins à la main et ses cheveux bouclés s’échappant de sa toque de loutre, elle ressemblait à une petite Polonaise.

Cependant quand le docteur sortit à son tour une demi-heure après, il frissonna sous son pardessus doublé de petit-gris.

« Pourvu que Rose ne reste pas trop longtemps dehors, se dit-il à plusieurs reprises. — Bah ! ajoutait-il aussitôt, si elle sent le froid, elle rentrera ! »

Il ne lui vint pas une seule fois à l’idée que Rose se laisserait geler pour ne pas manquer à sa promesse. C’est pourtant ce qui eut lieu.

La veille, Rose et Mac s’étaient donné rendez-vous au bord de la mare pour y faire une grande séance de patinage. Mac commença par oublier l’heure en se livrant à des expériences de chimie. Rappelé subitement au sentiment de ses devoirs par le son de la grande horloge, il saisit son cache-nez, sa casquette et son paletot, et se disposa à rattraper le temps perdu en courant de toutes ses forces. Sa mère le vit au moment où il ouvrait la porte pour partir, et elle s’opposa formellement à sa sortie.