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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/240

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tume chinois ; à peine un léger accent étranger !… mais ses yeux bridés et son teint jaune formaient un contraste frappant avec les autres enfants, qui étaient tous blonds comme les blés. Fun-See opéra une heureuse diversion dans les idées des jeunes Campbell ; grâce à lui, leurs envies de rire intempestives trouvèrent à se satisfaire, et, comme le petit Chinois avait le caractère bien fait, il accepta de bonne grâce cette bordée de rires et de quolibets et y riposta avec assez d’esprit.

À dîner, la famille Campbell était au grand complet. Tante Patience elle-même avait fait descendre son fauteuil et s’était fait porter dans la salle à manger. Malgré ses infirmités et sa faiblesse, elle ne manquait jamais, dans les grandes occasions, de venir prendre sa place à table. Seul, le mari de tante Jessie, le capitaine Jem, manquait à la réunion, et sa femme soupirait en songeant à l’absent ; mais, au moment du dessert, on entendit un coup de sonnette formidable, et qui croyez-vous que ce fût ? Rien de moins que l’oncle Jem, qui avait calculé son arrivée de telle sorte, qu’il devait être chez lui le 25 décembre, jour anniversaire de son mariage, mais qui n’avait voulu prévenir personne, de peur de retards et de déceptions.

Quelle joie ! Je me demande comment l’oncle Jem ne fut pas étouffé par les caresses de ses quatre grands garçons. Quant à lui, son premier baiser fut pour sa chère femme. C’était à ne pas s’y reconnaître dans ce brouhaha de questions, de réponses et de cris de bonheur. Rose fut d’abord un peu oubliée, et, pour ne pas gêner ces